Depuis plusieurs années déjà, je développe une pratique artistique principalement axée autour de dessin, bien que d’autres médiums, comme le volume et des manières plus assidues l’écriture, fassent parfois irruption dans ma production.
Ce dessin se veut figuratif, même s’il reste loin des archétypes de l’hyper-réalisme, s’autorisant à ne pas toujours être juste ou proportionne, à exprimer une certaine intériorité plutôt qu’ une
image extérieur parfaitement lisse.
Au centre des compositions, le personnage est la plupart du temps seul ; alors s’autorise t-il parfois un certain laisser-aller, une lascivité mélancolique, une torpeur introspective dont son corps se fait l’écho par des imperfections manifestes, permettant à une cuisse de couler d’avantage que la réalité ne l’aurait permis, à un cerne d’être plus creusé que d’usage, à l’oeil d’être un peu trop gros.
Le corps des personnages est prétexte à histoires, tout comme ces intérieurs parsemés d’indices ; chaque élément sous tendant une narration inaccessible et silencieuse. Un conte intime à échelle humaine, car les personnages justement interrogent notre empathie par leur taille similaire à la notre. Alors peut-être ces histoires qui ne nous appartiennent pas, se transforment-elles un instant : reflet, miroir à travers cette immense feuille devenue « pas de porte » vers une temporalité figée qui se gonfle et se ballonne.